Ce qu’il faut faire, et surtout ce qu’il ne faut pas faire
Six situations, traitées dans l’ordre où elles se présentent. Plusieurs de ces guides vous demandent d’en faire moins, pas plus : c’est presque toujours la bonne réponse dans les premières heures.
Guide G1
Vous venez de découvrir le logement d’un proche
Les premières heures comptent moins que vous ne le croyez. Rien ne s'aggravera en quarante-huit heures, et une décision prise dans la sidération se paie ensuite.
Ne commencez pas à trier seul
Le risque physique est réel : chute, effondrement d'une pile, piqûre, sol instable, air chargé. Beaucoup de proches se blessent le premier jour. Prenez des photos si vous le pouvez, refermez, et donnez-vous le temps d'organiser.
Notez cinq informations
L'adresse et l'étage, la présence ou non d'un ascenseur, qui détient les clés, qui est propriétaire ou locataire, et si une odeur est perceptible depuis le palier. C'est tout ce qu'il faut pour qu'un professionnel vous dise s'il peut intervenir et sous quel délai.
Vérifiez si la personne est en sécurité
C'est la seule urgence réelle. Si son état vous inquiète, appelez son médecin traitant ou le 15. Le logement attendra ; une personne en danger, non. Cette étape ne relève pas d'une entreprise de nettoyage.
Prévenez avant d’agir
Sauf mesure de protection ou si vous êtes propriétaire, le logement appartient à celui qui y vit. Une intervention préparée avec la personne tient dans la durée. Une intervention menée en son absence se défait presque toujours, souvent en quelques mois.
Identifiez qui commandera
Une seule personne doit être l'interlocuteur et le payeur. C'est ce qui évite les blocages en cours de chantier, lorsque deux membres d'une famille donnent des consignes contraires à une équipe déjà sur place.
Où notre rôle s’arrêtePour la situation de la personne elle-même — santé, isolement, aide à domicile — les interlocuteurs sont le médecin traitant, le CCAS de l'arrondissement et le service social de secteur. Nous travaillons volontiers en parallèle de ces services, jamais à leur place.
Guide G2
Comment aborder le sujet avec la personne concernée
Ce n'est pas une question de conviction. Une personne qui vit dans un logement très encombré sait parfaitement dans quoi elle vit ; ce n'est pas l'information qui manque.
Ne décrivez pas le logement
Elle le connaît. Le décrire est reçu comme un reproche et ferme la discussion. Parlez de ce qui vous inquiète pour elle — une chute, le froid, la difficulté à se laver — plutôt que de ce que vous avez vu.
Proposez un périmètre, pas un vidage
« On dégage le couloir et la salle de bains » se discute. « On vide tout » ne se discute pas et sera refusé. Commencer par une seule pièce, avec un accord clair sur ce qui ne sera pas touché, débloque la plupart des situations.
Garantissez ce qui ne partira pas
La peur dominante est de perdre quelque chose d'irremplaçable. Nommer à l'avance ce qui reste — papiers, photographies, un meuble précis — rassure davantage que n'importe quelle promesse générale de prudence.
Acceptez un rythme lent
Un chantier fractionné sur deux semaines aboutit plus souvent qu'une journée imposée. Nous savons revenir trois fois. C'est plus long, c'est un peu plus cher, et c'est ce qui évite de recommencer dans six mois.
N’exigez pas une explication
Demander pourquoi la situation en est arrivée là n'aide personne et n'obtient jamais de réponse utilisable. Le sujet est le logement et ce qu'on en fait maintenant.
Où notre rôle s’arrêteSi la personne refuse toute intervention et que sa sécurité est en jeu, la voie n'est pas commerciale : signalement au CCAS, évaluation sociale, et selon les cas saisine du juge des contentieux de la protection. Aucune entreprise ne peut, ni ne doit, forcer un accès.
Guide G3
Signaler un logement quand vous êtes voisin ou syndic
Un signalement mal adressé se perd. Un signalement écrit, factuel et adressé au bon service produit un effet.
Écrivez au syndic ou au bailleur en premier
C'est lui qui a compétence sur les parties communes et qui peut engager un constat. Un courrier daté, décrivant ce qui est observable depuis les communs — odeur, nuisibles, encombrement du palier — vaut mieux qu'un appel.
Décrivez des faits, pas la personne
« Odeur persistante dans la cage d'escalier au niveau du troisième depuis six semaines » est exploitable. « Le voisin est un cas » ne l'est pas, et fragilise votre signalement s'il est produit dans une procédure.
Saisissez le CCAS en parallèle
Le volet humain ne se traite pas par la copropriété. Le centre d'action sociale de l'arrondissement peut déclencher une évaluation sociale, ce qu'aucun syndic ni aucune entreprise ne peut faire.
Le service technique de l’habitat en cas de risque sanitaire
Lorsque l'état d'un logement présente un danger pour l'immeuble, le service compétent de la Ville de Paris peut être saisi. C'est lui qui qualifie, constate et prescrit. Une entreprise privée n'a aucun pouvoir à ce stade.
Demandez un diagnostic écrit
Si le sujet doit passer en conseil syndical ou en assemblée, un document technique décrivant les points de circulation entre le lot et les communs est ce qui débloque la décision collective. C'est un livrable que nous produisons séparément d'un devis.
Guide G4
Préparer l’intervention, la veille et le jour même
Il n'y a presque rien à faire, et c'est volontaire. Ranger avant notre arrivée fait perdre du temps à tout le monde.
Ne rangez rien
L'état du logement est précisément ce que nous venons traiter. Un pré-tri fait dans l'urgence mélange les papiers importants au reste et allonge le tri réel. Laissez en l'état.
Mettez de côté ce qui ne doit pas partir
Si c'est possible sans risque, réunissez dans un carton identifié les documents, photographies et objets à conserver absolument. Sinon, dites-le simplement au repérage : nous mettons ces catégories de côté par défaut.
Prévenez le gardien
Un gardien informé du créneau et de la durée devient un allié : il gère les questions des résidents, indique où protéger, et connaît les règles de l'immeuble mieux que le syndic. Nous pouvons le contacter nous-mêmes si vous préférez.
Libérez le stationnement si vous le pouvez
C'est le seul geste matériel qui change vraiment la durée du chantier. Chaque dizaine de mètres gagnée entre la porte et le véhicule se multiplie par le nombre de rotations.
Décidez qui sera présent
Une seule personne suffit, disponible par téléphone à défaut d'être sur place, capable de trancher sur ce qui part et ce qui reste. La présence de l'occupant est possible et souvent souhaitable, à son rythme.
Guide G5
Après un décès, dans quel ordre procéder
Deux choses sont souvent confondues et n'obéissent pas aux mêmes règles : assainir le logement, et vider la succession.
Distinguez l’urgence sanitaire du débarras
L'assainissement d'un logement — décontamination, traitement d'une odeur qui gagne l'immeuble — peut être engagé rapidement par le détenteur légitime des clés. Le débarras du mobilier touche à l'actif successoral et suppose que la dévolution soit clarifiée.
Identifiez qui détient les clés
Selon les circonstances, ce sont les services de police, le notaire, le bailleur ou un proche. Une entreprise n'entre qu'avec un accès régulier et un donneur d'ordre identifié. Ce point se vérifie avant le déplacement, pas devant la porte.
Prévenez le syndic si l’immeuble est concerné
Quand une odeur circule par les gaines ou la cage d'escalier, le traitement du seul logement ne suffit pas toujours. Le syndic doit être informé du passage, sans avoir à connaître la situation de la famille.
Ne jetez rien qui ressemble à un papier
Contrats, livrets, correspondance, relevés : tout cela réapparaît plus tard chez le notaire. Nous mettons systématiquement de côté et inventorions ces catégories, y compris ce qui semble abîmé.
Faites dater le dossier
Reportage photographique avant et après, liste des opérations, bordereaux, attestation de désinfection. C'est ce dossier qui sert ensuite au notaire, à l'assurance et, le cas échéant, à la discussion entre héritiers.
Où notre rôle s’arrêteLes démarches funéraires et successorales elles-mêmes ne relèvent pas de nous. Le notaire chargé de la succession est votre interlocuteur pour tout ce qui touche à la dévolution et à la vente du bien.
Guide G6
Ce qui fait qu’une situation ne recommence pas
Un logement remis en état sans rien d'autre se réencombre dans la majorité des cas. Le chantier n'est qu'une moitié du travail.
L’accord de la personne est le premier facteur
C'est l'élément qui distingue le plus nettement les situations qui tiennent de celles qui se défont. Une intervention acceptée, même partielle et lente, produit un résultat durable. Une intervention subie ne tient pas.
Un relais doit exister après nous
Aide à domicile, passage d'un service social, visite régulière d'un proche : peu importe la forme, il faut que quelqu'un revienne. Nous partons en quelques jours ; la situation, elle, s'est installée sur des années.
Ne visez pas le logement témoin
L'objectif est un logement sain et praticable, pas une pièce vide. Un espace dépouillé au-delà de ce que la personne souhaitait est vécu comme une dépossession, et se recomble d'autant plus vite.
Traitez la cause matérielle quand il y en a une
Une fuite non réparée, un chauffage en panne, un ascenseur hors service depuis des mois : certaines dégradations ont une cause simple qu'un nettoyage ne règle pas. Nous les signalons dans le dossier de fin d'intervention.
Où notre rôle s’arrêteL'accompagnement dans la durée n'est pas notre métier. Le CCAS de l'arrondissement, le service social de secteur et, selon les situations, les équipes de psychiatrie de secteur sont les interlocuteurs de cette étape.